Le Parti Populaire des Putes
Pour brasser la Chambre! Tant qu’à se faire fourrer, votez PPP!
Pour...
• Mettre fin à la discrimination et à l’hypocrisie concernant le travail du sexe.
• Avoir la possibilité de s’associer et de se syndiquer.
• Exiger la décriminalisation des métiers du sexe et le respect des droits fondamentaux, dont le droit à la sécurité et à la dignité, des personnes travaillant ou ayant travaillé dans l’industrie de sexe.
• Application stricte et réelle des lois en matière d’exploitation sexuelle et économique.
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Le 11 juin 2000, aux Foufounes Électriques, la Coalition pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe fondait le Parti Populaire des Putes (PPP). Suite à l’échec du projet-pilote d’alternative à la judiciarisation de la prostitution coordonné par la Ville de Montréal, sur lequel nous avons travaillé pendant près de trois ans, nous avons conclu que, comme notre but est de décriminaliser les métiers du sexe, il serait plus pertinent de diriger nos efforts vers le gouvernement fédéral. En effet, le gouvernement canadien détient tous les pouvoirs en matière de droit criminel. Par le fait même, il a donc la capacité de changer les lois qui nous concernent et nous mettent en situation de précarité.
Plusieurs études commandées par des élus ont déjà démontré l’inefficacité de ces lois et recommandé la décriminalisation partielle ou la légalisation des métiers du sexe. Ignorées des gens qui nous gouvernent, ces études ont été rangées au placard et, étrangement, les lois en matière de prostitution ont été renforcées pour en arriver au résultat que l’on connaît aujourd’hui.
Nous, de la Coalition, en avons assez de l’inaction et de l’insouciance des gouvernements en matière de travail du sexe. Des milliers de femmes et d’hommes travaillent tous les jours avec la crainte d’être arrêtés, dans des conditions de travail inacceptables et dangereuses, et sont discriminés de façon systémique. Nous sommes aussi convaincu-es que la grande majorité de la population canadienne en a marre de voir des sommes effroyables attribuées aux arrestations des prostitué-es et qu’elle est mure pour un changement. Pour y remédier, nous avons donc fondé le PPP, un parti pan-canadien dont le but principal est de décriminaliser les métiers du sexe et d'ainsi mettre un terme à l’hypocrisie et à la discrimination dont nous sommes victimes.
Depuis l’annonce de notre initiative, les groupes de Vancouver et de Toronto qui militent pour la reconnaissance des droits des personnes qui oeuvrent dans l’industrie du sexe se sont joints à nous, nous permettant ainsi d’unir nos forces.
Afin d’être un parti politique reconnu par Élections Canada, nous avons répondu à ses exigences, c’est-à-dire l’adhésion de 100 membres au parti et l’élection d’un président, trésorier et vérificateur comptable. Toutefois, en scrutant à la loupe les lois d’Élections Canada, nous nous sommes aperçu une fois de plus que la démocratie canadienne n’est pas applicable en ce qui concerne la marge. En effet, si nous présentons notre parti à Élections Canada avant la prochaine élection qui sera annoncée dans les prochains mois voire semaines, et que nous n’avons pas 50 candidats à travers notre "plus meilleur pays du monde", notre parti perdra son statut de parti officiel au lendemain de l’élection et nous devrons reprendre tout le processus si nous désirons nous représenter au prochain mandat. En plus, comme Élections Canada se soucie du portefeuille des "commanditaires anonymes" des dinosaures de la Chambre des communes, il offre des crédits d’impôt à tous les souteneurs des partis de plus de 50 candidats. Il faut compter 1000$ par candidat inscrit, alors faites le calcul par vous-même pour un parti en multipliant par 50, et vous comprenez que c'est un exploit pour les jeunes partis et les partis marginaux d’arriver à obtenir le statut de parti officiel.
Un parti lassé de ces injustices, le Parti communiste canadien (PCC), s’est chargé d’amener Élections Canada devant les tribunaux pour contester la légitimité de ses exigences en matière de reconnaissance. Le PCC n’a pas remporté tout son pari. Les partis de plus de 50 candidats seulement auront toujours droit aux crédits de Revenu Canada, mais la Cour a toutefois exigé que la législation facilite la reconnaissance des petits partis. La loi doit donc être revue et corrigée d’ici mars 2001.
Cela est venu brouiller les cartes, mais cette fois en notre faveur. Nous étions conscients qu’il était impossible d’atteindre le chiffre de 50 candidats pour l’élection qui allait suivre notre fondation, mais nous étions convaincus, à tort, que nous pouvions quand même être reconnu comme parti officiel, sans accès aux crédits d’impôt toutefois et sans le nom du parti à côté de celui de nos candidats sur les bulletins de vote, mais n’empêche!
Alors évidemment pour l’élection à venir, c’est la loi électorale toujours en vigueur aujourd’hui qui sera appliquée. Nous présenterons donc uniquement quelques candidats indépendants et, au lendemain de l’élection, nous enverrons notre demande officielle à Élections Canada. Nous aurons cinq ans pour nous préparer et unir nos forces sans courir le risque de perdre notre statut de parti officiel. Qui sait, peut-être aurons-nous suffisamment de candidats pour avoir nous aussi des crédits d’impôt… Avis aux intéressé-es.
Pages reliées :
Décriminalisation et syndicalisation des travailleurs du sexe - Ça va venir, Catherine Henderson-Chenail, Quartier libre, 30.01.2008
Prostitutes Form Political Party: Sex workers have the right to speak too, party members say, Ottawa Citizen, 03.07.2000
