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5 août 2008 - Prévention par les pairs - Marche des femmes - Party de l'OSI

par Marie-Eve Gauvin

PROGRAMMES DE PRÉVENTION AVEC DES TRAVAILLEUSES DU SEXE
Ce panel réunissait des chercheures et des représentantes du milieu du travail du sexe de l’Inde (Avahan – India AIDS Initiative), du Nigeria (Society for Family Health et  ActionAid Nigeria), de l’Australie ($carlett Alliance), de différentes régions d’Amérique centrale (REDTRASEX), ainsi qu'un projet États-Unis/Mexique (divers milieux universitaires de ces deux régions).

Les approches des projets présentés cherchent à améliorer la santé sexuelle et les droits humains des travailleuses et travailleurs du sexe en priorisant l’intervention par les pairs.

Les conclusions et résultats des présentations pourraient être résumés ainsi :
• Il est important que les travailleuses du sexe soient impliquées dans l’articulation de la réponse aux causes et conséquences du VIH/sida. Les réflexes de stigmatisation qui tendent à cibler ce groupe et à le rendre coupable de la transmission du VIH doivent cesser. Elles ne veulent plus être perçues comme étant le problème, mais bien comme faisant partie de la solution!

• Pour chacune des intervenantes, l’éducation par les pairs représente l’une des méthodes d’intervention à privilégier, puisque les travailleuses sont les expertes du métier et doivent être valorisées à travers la transmission de leurs connaissances. Elles ont aussi de la facilité à créer des liens sur le terrain et ceux-ci sont plus durables. L’éducation par les pairs représente une opportunité concrète de participer à la promotion de comportements sécuritaires et à l’animation d'activités de prévention et d’éducation. Elles sont alors réellement partie prenante de la solution.

• Il est impératif que des fonds internationaux soient aussi octroyés aux projets ciblant les hommes qui font du travail du sexe. Le manque d’information concernant leur réalité est flagrant et contribue à l’augmentation des risques auxquels ils sont exposés.

Voici par exemple un projet realisé entre 2002 et 2006 au Nigeria : Avoiding Relapse: The Impact of the Peer Education Plus Model on Behaviour Change and Behaviour Maintenance among Sex Workers in Nigeria

Ce projet a été orchestré par la Society for Family Health et ActionAid Nigeria. La méthode d’éducation par les pairs a été utilisée de même que des activités de défense de droits et ce, sur une période intensive de quatre ans (2002 à 2006). Vers la fin du programme, des discussions de groupes « intra » et « inter » 13 maisons closes ont été organisées. Du même coup, des liens ont été développés avec les gestionnaires de ces établissements. L’ensemble de la démarche a pu favoriser une prise de conscience et contribuer à l’amélioration des conditions de travail des femmes ainsi qu’à une diminution des risques de transmission liés à la non-utilisation des préservatifs.

Les résultats de l’implantation de ce programme ont permis :
• l’augmentation des connaissances individuelles quant aux modes de transmission du VIH
• des changements significatifs et durables quant au port du condom dans le cadre des relations avec les clients
• par contre, la sensibilisation quant au port du condom avec les partenaires intimes est un processus qui requiert plus de temps, puisque les résultats n’ont pas noté de changements significatifs des comportements en ce sens.

A LA MARCHA DE LAS MUJERES (À la marche des femmes)
TODAS LAS MUJERES, TODOS LOS DERECHOS (Toutes les femmes, tous les droits)
A la Marche des femmes - Mexico 2008La marche mondiale des femmes en réponse au VIH/sida était coordonnée par un réseau de plusieurs organisations féministes locales. C’est donc sous la bannière « Todas las mujeres, Todos los Derocheos » que se sont mobilisées environ 1 000 personnes, des militantes et des représentantes d'associations et de collectifs d’un peu partout à travers le monde. Malgré les divergences de perspectives qui divisent trop souvent les troupes à l’intérieur même du mouvement féministe, nous étions toutes et tous rallié-es pour clamer une revendication commune, « exiger le respect de nos droits afin d’être en mesure de prévenir et de répondre stratégiquement, par et pour les femmes, aux causes et conséquences du VIH/Sida ».

Au départ de la marche, nous étions six représentantes des travailleuses et travailleurs du sexe. Peu nombreuses mais oh combien décidées à former un sous-groupe digne des consœurs et confrères occupé-es à faire valoir les intérêts de la coalition des travailleuses et travailleurs du sexe sur d’autres fronts. Nous avons recyclé nos « pancartes » de la « Marcha contre l’homophobia » ainsi que nos slogans. Surprise! Pendant que nous marchons, les filles d’APROASE (Asociación en PRO Apoyo a Servidores de Mexico) nous rejoignent. Elles arborent le t-shirt rose des travailleuses du sexe et un « masque-loup » de plumes colorées qui, tout en préservant leur anonymat, les démarquent dans la foule.

Ces marches de solidarité permettent aux membres de la société civile non-inscrits à la conférence de prendre part à des actions concrètes tout en rendant visibles les préoccupations des différents groupes engagés dans la lutte au VIH/Sida et autres ITSS.

Annie Lennox à la Marche des femmes 2008C’est sur la grande place du Zocalo, dans le centre historique de Mexico, que se terminait la marche. Tel que promis, Annie Lennox apparaît sur la scène et livre un discours enflammé, qu’elle a jugé important de faire traduire en espagnol et de rendre elle-même. Elle s’exprime depuis ses perspectives de «femme» et de «mère» et rappelle qu'il est urgent que nos gouvernements et les membres de la société civile articulent une réponse à la féminisation de l’épidémie. «Aujourd'hui, nous sommes arrivé-es au point où les femmes et les enfants se sont convertis en victimes les plus vulnérables au front de la bataille».

> Il y a deux autres photos de la marche ici.

AU PARTY DE l’OPEN SOCIETY INSTITUTE
Puis nous quittons le Zocalo pour aller nous changer à l’hôtel avant le party de l’Open Society Institute. Tous les pronostics sont permis. Cette soirée, paraît-il, a été témoin de bien des boires et déboires lors de la conférence de Toronto en 2006. Ça risque d’être mémorable.

Les sept que nous sommes embarquons à bord d’une camionnette-taxi en pleine heure de pointe pour traverser la ville. On est tombées sur un chauffeur sympathique qui nous « pompe » l’énergie en réglant sa radio sur un  poste rétro. C’est un grand chic de nous y voir, le volume au max, harmonisant nos déhanchements et poussant nos notes vocales dans un cœur plus mémorable qu’harmonieux.

Claire et Nengeh ont leur invitation, mais Mémy (ma collègue au projet VIHsibilité), la Sud-coréenne, les Japonaises et moi sommes des «squatteuses». Bah!, nous nous présenterons à la porte à titre d'«entertainers» nous rassure Claire. On est bien parties pour ça!

Nous voilà donc à l’entrée en demi-lune devant le grand restaurant, avec le service de valets et tous les égards. Qué agradable!!! On passe à l’arrière, au jardin, où plusieurs companeras trabajadoras sexuales sont déjà installées. Le buffet offre toutes sortes de bonnes choses et les coupes de Margaritas frappées coulent à flot.

Évidemment, comme l’avait prédit Claire, c’est autour du groupe d’illuminées que nous sommes que l’animation s’installe. Les mariachis ont tôt fait de nous entourer et nous y allons de nos performances improvisées de danses latines. MMMM...

Break dancing au party de l'OSILe clou de la soirée fut certainement cette demi-heure de performance de break dancing réalisée sur la musique des mariachis qui devaient, bien évidemment, jouer en accéléré (les musiciens ont assuré, croyez-moi!). Le groupe de danseurs sont des jeunes tout à fait impressionnants qui utilisent le Hip Hop et le break dancing pour faire de la prévention auprès de leurs pairs, des membres de gangs ou des jeunes de la rue.

Tout simplement magnifique fin de journée dans l’univers définitivement EXTRA ordinaire de Mexico AIDS 2008!

Photos : Marie-Eve Manseau-Young et Marie-Eve Gauvin

Mexico 2008 >